Rédacteur-référenceur, le métier qui n’existe pas

Publié le Publié dans Conception-rédaction

Par Jean-Yves Garel, 19/09/2008

Il y a des offres de service, des offres d’emploi et même, depuis peu, une formation initiale… celle de l’IUT de Mulhouse. Décidément, le métier de rédacteur-référenceur semble avoir le vent en poupe. Pour autant, je pense qu’il s’agit d’une baudruche, qui se dégonflera rapidement. Explication en cinq temps.

Tout rédacteur doit maîtriser les contraintes du référencement

La prise en compte des contraintes de référencement fait dorénavant partie intégrante des fonctions de toute personne écrivant pour un support on line :

  • un thème par page, se rapportant à une liste limitée de mots clés,
  • utilisation des mots clés dans la rédaction des accroches en page d’accueil, puis des titres, intertitres et textes dans les pages courantes,
  • utilisation des mots clés (encore eux) dans les 100 premiers mots de la page,
  • choix d’intitulés judicieux pour les liens hypertextes,
  • rédaction de balises TITLE et DESCRIPTION et d’url qui soient à la fois signifiantes pour l’internaute et favorables au référencement.
  • atteinte d’un indice de densité optimisé pour le ou les mot(s) clé(s) de la page
  • etc.

Comme le rappelle judicieusement notre expert national en référencement, Olivier Andrieu, « L’erreur serait de travailler sur l’optimisation des titres, textes et autres « zones chaudes » …. sans avoir auparavant travaillé sur la qualité du contenu » (cf. Réussir son référencement Web, Eyrolles, 2008, page 72. Voir aussi le site http://www.abondance.com/). Ce qui revient à dire qu’il est plus intelligent de rédiger directement un texte en intégrant l’objectif de référencement, plutôt que de le corriger ensuite.

En effet, qui est mieux placé que le rédacteur, qui connaît son sujet et maîtrise l’art de l’écriture, pour placer judicieusement tel ou tel mot à la bonne place, dans son texte, sans que cela apparaisse comme du rafistolage ? Ou pour concevoir une architecture hypertexte permettant d’optimiser le nombre et la longueur des pages… Ou encore pour choisir des titres efficaces à la fois pour l’internaute et le moteur de recherche…

La prise en compte du référencement dans la rédaction Web n’est pas difficile

Comprendre les lois du référencement – pour la partie visible des textes – n’est franchement pas difficile. Un rédacteur pressé pourra même se contenter de lire partiellement le livre d’Olivier Andrieu. Mieux, l’intégration du référencement dans la rédaction d’un texte devient un défi supplémentaire, un jeu, pour le spécialiste de la rédaction.

Au final, les contraintes du référencement constituent une compétence marginale pour le rédacteur.

En revanche, rédiger pour les entreprises – comme journaliste d’entreprise ou concepteur rédacteur – n’est pas donné à tout le monde et requiert des compétences larges et longues à acquérir. Un sujet sur lequel nous avons déjà écrit plusieurs articles et sur lequel nous reviendrons encore (cf. l’article de Marie-Laure sur le concepteur rédacteur ).

Tout rédacteur doit maîtriser l’écriture Web

Plus globalement, comme nous le verrons dans les descriptifs métiers à venir, Internet est qu’un média de plus. Les rédacteurs doivent se l’approprier, non seulement en écriture, mais également en conception.

Ainsi, au-delà de la rédaction elle-même, la création de la charte éditoriale, de l’arborescence et de l’ergonomie d’un site font partie des missions du concepteur rédacteur, en relation avec le commanditaire, le directeur artistique et l’intégrateur. Il en est de même avec la ligne éditoriale et les sommaires d’une e-Newsletter, pour le journaliste d’entreprise et le journaliste kiosque. Ce ne sont là que des évolutions de métiers préexistants.

Tout en laissant le référenceur faire son job

En revanche, la mécanique du référencement, c’est-à-dire :

  • l’adaptation du codage aux CSS, frames, sites dynamiques…
  • la gestion des langues,
  • l’identification des mots clés (certes, cette tâche, non technique, peut être demandée au rédacteur),
  • la soumission du site aux annuaires,
  • l’indication du plan du site aux robots,
  • etc…

… relève d’une activité propre, beaucoup plus technique : le référencement lui-même… qui est un métier à part entière.

Certes, si un site est mal rédigé en vue de son référencement, le référenceur se doit de le signaler, voire de corriger lui-même certaines erreurs. Mais son intervention sur le contenu doit rester marginale, à moins qu’il soit un génie, capable de réécrire sans les trahir et dans une langue parfaite des textes en tous genres, écrits par des professionnels. N’en jetons plus. Vous l’aurez compris : le référenceur doit conseiller le rédacteur, mais pas se substituer à lui. A l’inverse, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de rédacteurs (de vrais rédacteurs, capables de traiter des thématiques d’entreprise en profondeur, avec style et créativité) qui soient 100 % légitimes sur le terrain du référencement.

Mais à terme le référencement devrait intégrer le métier… d’intégrateur

Actuellement, les conseils en référencement exercent ce métier en tant que tel, pris isolément. Cette situation durera-t-elle ? Nous pouvons en douter. Il semble plutôt qu’elle comble un vide. En effet, trop d’intégrateurs se soucient peu du référencement, alors même que celui-ci relève en grande partie du codage, en complément de la conception générale du site.

Le référenceur intervient donc en pompier. Mais gageons que les intégrateurs comprendront – et ils sont de plus en plus nombreux à y venir – qu’il vaut mieux prévenir que guérir. A discuter. (Cette page fait partie de la rédaction de l’ouvrage collectif sur le journaliste d’entreprise. Voir l’article Pour la rédaction d’un ouvrage collectif sur le journaliste d’entreprise ).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *